Les 7 profils d’apprentissage



IL Y A DES MONSTRES SOUS MON LIT

 

Chronique et résumé du livre « Les 7 profils d’apprentissage »

INTRODUCTION :

Chacun a sa propre façon d’apprendre, sa propre stratégie pour se motiver et enregistrer l’information, et son propre comportement. En comprenant cela et en sachant comment agir, la formation et l’enseignement peuvent devenir motivants et passionnants. Ce livre s’adresse aux pédagogues (enseignants, formateurs, éducateurs) mais aussi à tous ceux qui apprennent (élèves, étudiants, stagiaires, et vous qui lisez…)

 

 

Les 7 profils d’apprentissage sont un outil qui n’exclut pas les autres méthodes d’apprentissage, bien au contraire : ils viennent en complément.

PREMIÈRE PARTIE : ON APPREND TOUS DIFFÉREMMENT

Chapitre 1 : A chacun sa façon d’apprendre:

Pourquoi certaines personnes ont des facilités à apprendre alors que d’autres rencontrent des difficultés ? La clé réside dans deux éléments :

  • savoir comment on apprend
  • et avoir une stratégie d’apprentissage

L’OCDE a montré, dans une étude réalisée en 2002 (Rapport PISA) qu’il existe un lien étroit entre la motivation à apprendre et la réussite scolaire (par exemple entre le plaisir de la lecture et la capacité à lire) : pour que quelqu’un apprenne efficacement, il doit éprouver un minimum de plaisir.

Mais le plaisir ne suffit pas. Il faut, en plus d’apprendre, pouvoir appliquer. « Ce que vous apprenez aujourd’hui ne sert à rien. Sauf si vous avez décidé de l’appliquer ».

Pourquoi le savoir pédagogique a du mal à être appliqué dans l’éducation et en formation ? Parce qu’il bute sur quatre obstacles principaux :

  1. La force du conformisme : Il est souvent difficile d’imposer le fait que l’on apprend différemment parce que ça nous donne une attitude différente aux yeux des autres.
  2. La force de l’habitude : Une habitude prend naissance dans la répétition et il est difficile d’en changer. Pour appliquer et retenir un nouveau savoir il faut alors répéter, et répéter encore.
  3. La capacité réduite de notre mémoire à court terme : Il a été prouvé qu’à l’issue de 20mn de cours, l’être humain oubliait environ 42% de ce qu’il avait appris. 24h plus tard, ce sont 66% des connaissances enregistrées qui disparaissent. Et une semaine plus tard ce ne se sont pas moins de 75% de ce qui a été appris qui a disparu de la mémoire. Plus ce que nous apprenons est complexe (ou nous parait complexe), plus les probabilités que nous les retenions et les appliquions réellement sont minces.
  4. La contrainte du contexte : Il est parfois difficile d’appliquer un savoir. On ne peut pas forcément le mettre en application tel quel, il faut l’adapter à la situation.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode d’apprentissage. La vraie question est de se pencher sur leurs applications et de se poser la question suivante « Quelle méthode utiliser pour surmonter ces 4 obstacles ? » Les 7 profils d’apprentissage permettent de les surmonter et facilitent une réelle application, que ce soit en formation, en entreprise, à l’école ou en cours particulier.

Chapitre 2 : Les 7 profils d’apprentissage

Ils sont construits sur 3 niveaux :

Premier niveau : Les profils d’identité

Ils prennent en compte le comportement de la personne en situation d’apprentissage. Ils se basent sur les compulsions. Une compulsion est une force inconsciente qui entraîne toujours le même comportement conditionné. Les compulsions d’un individu se retrouvent dans la situation d’apprentissage.

Attention ! Les profils d’identité ne permettent pas de déterminer la personnalité. Ils permettent juste de comprendre les comportements en situation d’apprendre. Ils sont au nombre de 7 (nous les détaillerons au prochain chapitre) :

  1. Le perfectionniste (22%)
  2. L’intellectuel (14%)
  3. Le rebelle (7%)
  4. Le dynamique (10%)
  5. L’aimable (18%)
  6. L’émotionnel (16%)
  7. L’enthousiaste (13%)

La répartition donnée repose sur une enquête menée auprès de 1600 personnes.

Deuxième niveau : Les profils de motivation

Ils sont construits sur la base de ce que les psychologues appellent les « métaprogrammes ». Les métaprogrammes indiquent la façon dont nous sélectionnons l’information, c’est une sorte de filtre. Lorsqu’il est en situation d’apprentissage, un individu présente 4 façons possibles et bien différentes d’être motivé :

  • « Quelle utilité ? » : Les personnes de ce profil aiment les cours et les formations qui sont concrets et dont l’utilité est claire. Si elles jugent un thème inutile, c’est souvent parce qu’il est trop abstrait.
  • « Vais-je apprendre ? » : Ces personnes aiment le savoir et sont curieuses d’esprit. Elles aiment avoir beaucoup d’informations et ont en général peu de difficultés à apprendre puisque le contenu en lui même les motive.
  • « Avec qui ? » : Ces personnes trouveront un apprentissage intéressant et passionnant à partir du moment où elles apprécient la personne qui les enseigne. L’inverse est aussi vrai : elles peuvent détester un sujet à cause de l’enseignant.
  • « Où ça se situe ? » : Les personnes de ce profil ont besoin de situer les choses dans un plan, dans une vision globale (le plan du cours ou de la formation est alors nécessaire). Elles aiment pouvoir suivre leur progression dans leur apprentissage.

Troisième niveau : Les profils de compréhension

Ils permettent de savoir par quel canal sensitif les informations sont enregistrées et mémorisées :

  • Les visuels (58%) : la compréhension s’effectue principalement par ce qui est vu. Les graphiques, les couleurs, les dessins sont nécessaires pour bien comprendre et bien apprendre. Les visuels apprécient beaucoup les textes aérés, les titres gras, les schémas, etc.
  • Les auditifs (27%) : la compréhension s’effectue principalement par l’écoute. Les auditifs apprécient de lire à voix haute, d’écouter les cours magistraux, les longs monologues, les comptes rendus et les analyses.
  • Les kinesthésiques (15%) : la compréhension s’effectue principalement par ce qui est ressenti. Et ressentir une information n’a rien d’évident, d’où une certaine lenteur dans la compréhension. Les personnes kinesthésiques ont besoin de comprendre le pourquoi des choses, de saisir leur origine et de réaliser une application concrète.

Nous sommes tous dotés de ces 3 sens mais il s’agit de déterminer quel canal notre cerveau privilégie pour enregistrer l’information.

Chapitre 3 : Les caractéristiques des profils d’identité et leur lien avec les profils de motivation

Avant de détailler chaque profil d’identité, il est intéressant de noter que :

  • Il n’y a pas de profil d’identité mieux qu’un autre ou de « moins négatif ». La question n’est pas de se demander quel est le meilleur profil, mais, lorsque sa compulsion dominante se manifeste, de savoir comment agir pour la satisfaire et quel comportement cela génère.
  • Ce qui fait la différence de comportement , c’est le degré de maturité de la personne. Adolescent, le comportement induit limite les capacités et est dans l’excès, alors qu’à l’âge adulte, avec l’expérience de la vie, la croissance personnelle et la prise de recul, le comportement induit est plutôt vertueux.
  • D’un point de vue psychologique, le profil d’identité correspond à la zone de confortet de respect d’un individu. Par exemple, un perfectionniste se sentira bien dans un environnement où règnent l’ordre, le rangement, le travail bien fait, l’honnêteté. Si vous appréciez et respectez un perfectionniste, vous savez comment vous comporter pour qu’il se sente bien. Et inversement si vous souhaitez l’énerver. Connaître le profil d’apprentissage de l’autre et faire connaître le sien permet avant tout de bien communiquer et gérer les conflits !

Voici maintenant le 7 profils d’identité et leur lien avec les profils de motivation :tableau 7 profils d'apprentissage1. L’intellectuel

Sa compulsion : penser et réfléchir

Ce qu’il fuit : l’envahissement et l’émotion du présent

Ce qu’il aime : l’isolement pour réfléchir

Ses 3 caractéristiques :

  • la réflexion : il ne parle pas beaucoup, il préfère écouter et analyser les paroles des autres. Il est constamment en train de réfléchir.
  • l’absence d’émotion : exprimer des émotions le met mal à l’aise.
  • la solitude : il aime être seul et qu’on ne le dérange pas, surtout pour travailler.

Comment il apprend :

  • il pense de façon séquencée (une chose à la fois) : il est donc souvent lent dans l’apprentissage.
  • il intègre majoritairement l’information par le canal auditif.
  • il aime apprendre pour avoir un savoir (probabilité élevée du profil de motivation « vais-je apprendre »).

2. Le dynamique

Sa compulsion : l’action pour la réussite

Ce qu’il fuit : l’échec

Ce qu’il aime : la compétition pour gagner et être reconnu

Ses 3 caractéristiques :

  • le besoin de reconnaissance : il aime faire savoir aux autres quand il est le premier ou quand il a fait une performance. Il est d’ailleurs souvent perçu comme quelqu’un qui veut se mettre en avant.
  • la réussite : la peur de l’échec l’amène à faire les efforts nécessaires pour réussir. Il aime entretenir des relations avec les personnes, qui comme lui, ont réussi.
  • l’action : son obsession est de faire les choses. Devant un problème, sa préoccupation est de savoir comment faire pour trouver la solution et agir.

Comment il apprend :

  • il aime parler, ce qui en situation d’apprentissage pose un problème d’attention.
  • il intègre majoritairement l’information par le canal visuel.
  • il a besoin de savoir à quoi servent les choses qu’il apprend (probabilité élevée du profil de motivation « quelle utilité ? »).

3. L’aimable

Sa compulsion : contribuer (aider autrui ou être médiateur)

Ce qu’il fuit : le conflit ou le rejet

Ce qu’il aime : l’harmonie dans le rapport à l’autre

Ses 3 caractéristiques :

  • les autres : il apporte assistance, contribution et aide à ceux qui ont un problème. Il est à l’écoute des autres.
  • très gentil et sociable : il fait tout pour entretenir de bonnes relations avec autrui. D’où une grande difficulté à dire « non ».
  • sensibilité : il s’inquiète de ce qu’on pense de lui et a tendance à se voiler la face si il y a des problèmes relationnels.

Comment il apprend :

  • La pression et le stress le bloquent.
  • il a un tempo plus lent et a tendance à avoir une déficience de l’estime de lui-même : il pense qu’il ne peut pas y arriver.
  • il a besoin de faire plaisir à ses professeurs ou formateurs (probabilité élevée du profil de motivation « avec qui ? »).

4. L’enthousiaste

Sa compulsion : avoir le choix

Ce qu’il fuit : l’enfermement

Ce qu’il aime : la liberté, l’absence de contrainte, l’humour

Ses 3 caractéristiques :

  • la gaieté : il respire la joie de vivre. C’est un optimiste-né
  • l’absence de contrainte : il n’aime pas se sentir enfermé par des règles. Cela se traduit souvent par un problème face à l’autorité, d’où une attitude de défiance voire de provocation.
  • le plaisir : il aime pratiquer plusieurs activités sans pour autant chercher à se perfectionner.

Comment il apprend :

  • il apprend très bien par le jeu.
  • il a du mal à finir ce qu’il entreprend.
  • il a besoin d’éprouver du plaisir pour apprendre et de comprendre l’utilité pour lui-même de ce qu’il apprend (probabilité élevée du profil de motivation « quelle utilité ? »).

5. L’émotionnel

Sa compulsion : amplifier les émotions

Ce qu’il fuit : la culpabilité

Ce qu’il aime : l’originalité

Ses 3 caractéristiques :

  • l’originalité : il aime se distinguer des autres, ne pas faire comme tout le monde. Pas pour se rebeller mais simplement pour ne pas être catégorisé dans une appartenance à un groupe.
  • un côté artistique : il aime le beau, le côté esthétique des choses, ce qui lui donne une disposition pour les activités artistiques.
  • des émotions amplifiées

Comment il apprend :

  • il est authentique et peut passer d’un état de déprime à un état de joie très rapidement (et vice versa).
  • beaucoup d’émotionnels sont kinesthésiques et donc plus lents pour apprendre.
  • il a du mal à se motiver, il a besoin d’un enseignant ou formateur qui lui indique un programme à suivre (probabilité élevée du profil de motivation « avec qui ? »).

6. Le rebelle

Sa compulsion : l’autorité

Ce qu’il fuit : la faiblesse

Ce qu’il aime : l’autorité

Ses 3 caractéristiques :

  • la peur de se montrer faible : la meilleure défense est l’attaque. Il respecte ceux qui lui résistent et lui tiennent tête
  • l’excès : il est fait d’extrêmes. Il peut être soit très généreux, soit très méchant.
  • une formidable énergie : quand il a une idée en tête, il va jusqu’au bout. Il aime les défis difficiles et paraît infatigable.

Comment il apprend :

  • le processus d’apprentissage classique est trop ennuyeux pour lui, il a besoin que ça bouge. Apprendre sur le terrain lui convient mieux.
  • il aime les vrais chefs, et a besoin de tester l’autorité d’un nouveau « chef ». Il n’est pas révolutionnaire, il est seulement révolté quand l’autorité est mal ou pas utilisée.
  • il est intelligent mais n’apprendra que s’il sent en face de lui une autorité qui lui résiste (probabilité élevée du profil de motivation « avec qui ? »).

7. Le perfectionniste

Sa compulsion : se rapprocher de la perfection

Ce qu’il fuit : être critiqué ou pris en défaut

Ce qu’il aime : l’honnêteté

Ses 3 caractéristiques :

  • le goût de la perfection : il se plie en 4 pour faire un travail. Il travaille souvent lentement car tout doit être bien fait.
  • la critique : il critique et se critique lui-même constamment.
  • le respect de l’autorité, de l’ordre : il aime se soumettre à une autorité, mais il ne tolère pas ceux qui ne le respectent pas. C’est blanc ou noir.

Comment il apprend :

  • il doit avoir l’impression de bien faire les choses, qu’il les maîtrise, pour être motivé à apprendre. Mais il est trop critique (« il n’y a pas assez ceci, il y a trop cela »).
  • il décortique l’information pour essayer de tout comprendre et tout maîtriser. Il aime quand c’est structuré.
  • il a besoin d’être valorisé quand il apprend (probabilité élevée du profil de motivation « avec qui ? »).

Chapitre 4 : La prise en compte du profil d’apprentissage pour mieux enseigner et former

Chacun apprend différemment : il n’y a pas de fatalité ou de dévalorisation aux présumés mauvais résultats. À partir du moment où on connait la façon d’apprendre de quelqu’un, on peut adapter notre enseignement / formation à la stratégie d’apprentissage de l’individu.

Il est important en tant que formateur / enseignant de connaître notre propre profil d’apprentissage : Il y a seulement 1,2% de chance pour qu’un élève ait le même profil d’apprentissage que celui qui enseigne ou le forme. En prenant conscience de notre propre façon d’apprendre, on prend conscience de notre manière d’enseigner.

La carte n’est pas le territoire : Les profils d’apprentissage donnent une carte sur la façon d’apprendre de quelqu’un. Mais « la carte n’est pas le territoire » (Alfred Korzybski). Autrement dit, le profil d’apprentissage d’une personne n’est pas la personne. Il faut faire attention à ne pas enfermer les individus dans les profils d’apprentissage.

Il n’y a pas de profils qui soient mieux que d’autres. Il y en a simplement certains qui sont plus adaptés à un système d’enseignement ou de formation que d’autres.

Chapitre 5 : Pour affiner sa façon d’apprendre : les profils secondaires

Jusqu’à présent, nous avons vu qu’un individu a un profil d’identité, un profil de motivation et un profil de compréhension. Il s’agit de profils dominants. A chacun d’eux s’associe un profil secondaire (un profil d’identité secondaire, un profil de motivation secondaire, un profil de compréhension secondaire).

Prenons l’exemple de quelqu’un qui est kinesthésique (la mémorisation de l’information se faire par le ressenti). Le cerveau utilise un autre canal sensoriel pour intégrer l’information, dans une bien moindre mesure. Par exemple, le visuel. Le profil de compréhension dominant est kinesthésique et le profil de compréhension secondaire est visuel.

Le profil secondaire, selon son intensité joue un rôle important. Plus une personne a un profil secondaire fort, plus elle aura d’options de rechange pour apprendre. Les profils secondaires sont plus ou moins prononcés selon les personnes.

Nous avons vu l’exemple avec les profils de compréhension mais il en est de même avec le profil d’identité et celui de motivation. Prenons l’exemple où quelqu’un est de profil de motivation dominant « à quoi ça sert », et de profil secondaire « avec qui? » Dans un cas d’apprentissage, si cette personne ne voit pas l’utilité d’apprendre une théorie, elle trouvera une motivation à faire des efforts grâce à la bonne relation qu’elle a avec son enseignant.

Son profil de motivation secondaire est une sorte de « roue de secours » pour faciliter l’apprentissage.

De même, chaque personne possède un profil d’identité dominant et un profil d’identité secondaire. En ayant le même profil d’identité dominant, selon son intensité, 2 personnes auront une aisance pour apprendre et des comportements bien différents, même s’ils trouvent leur origine dans la même compulsion.

Les profils indiquent une chose importante : celle de la grande diversité des stratégies d’apprentissage pour chaque individu. Pour donner une image, on peut dire que le profil d’apprentissage dominant est une carte générale sur la façon dont apprend une personne. Le profil d’apprentissage secondaire décrit le même territoire mais plus en détails.

La découverte des profils secondaires et surtout utile pour ceux qui sont en difficulté réelle dans leurs apprentissages. Et pour rappel, les profils d’apprentissage ne viennent pas en opposition aux autres méthodes, ils sont un complément très utile.

DEUXIÈME PARTIE : 7 PROFILS D’APPRENTISSAGE – UTILISATION ET MISE EN PRATIQUE

Dans cette partie, l’auteur s’attache à donner des pistes aux enseignants, formateurs et éducateurs pour qu’ils utilisent et mettent en place de manière efficace les profils d’apprentissage.

Il explique que moins de 1% des personnes qui achètent un livre pratique en applique les principes et les conseils. Pourquoi ? Parce que 92% du contenu leur échappe. Ceux qui mettent en pratique relisent le livre plusieurs fois : le livre devient alors un vrai guide.

L’incompétence c’est le savoir. L’expertise c’est le savoir-faire. Pour bien exploiter le livre des 7 profils d’apprentissage, l’auteur recommande de le lire 4 fois :

  • une première fois pour savoir si l’on apprécie le sujet ou pas,
  • une deuxième fois pour relire les passages surlignés lors de la première lecture,
  • une troisième fois pour retenir ce que nous jugeons important
  • une quatrième fois pour mettre en pratique de manière régulière les exercices dans le quotidien. C’est une étape qui réclame un réel effort pour briser ses habitudes.

Chapitre 6 : L’importance des croyances dans le processus d’apprentissage

Les croyances que l’on a sur nos capacités déterminent la volonté que l’on mettra dans nos apprentissages, et donc la réussite.

On retrouve le pouvoir des croyances dans l’effet placebo : comment une substance neutre qui n’a rien d’un médicament peut-elle avoir un effet de guérison ? C’est en fait la croyance dans cet effet de guérison qui en est responsable.

Les constats faits sur l’effet placebo permettent de mieux comprendre ce que l’on appelle « croire en soi », en ses capacités, même si l’on n’en a pas la preuve. Le fait de croire en soi ne se base sur aucun fait. Croire en soi signifie savoir que l’on est capable, même si jusqu’à présent, rien ne le prouve.

Le fait de se dire « je suis nul », « je suis mauvais », ou « je n’y arriverai pas », révèle une croyance limitante, très répandue et très perverse : si nous avons des croyances qui nous limitent, qui sont négatives, nous aurons des performances et des résultats limités.

La performance intellectuelle est essentiellement une question d’état d’esprit. Et ce, quelle que soit la capacité d’apprendre de l’invidivu, de mémoriser ou de résoudre un problème. Face à des situations que l’on perçoit comme négatives (stress, fatigue morale, frustration, anxiété…), notre organisme, par une réaction de défense, sécrète certains types d’hormones qui, au bout d’un certain temps, rendent beaucoup moins efficace l’activité cérébrale. Dans un état d’esprit dynamisant (éprouver du plaisir et donc de la motivation), on réussit mieux ce que l’on entreprend.

Si la performance et les capacités intellectuelles reposent sur l’état d’esprit, qu’est-ce qui permet de le modifier positivement devant une situation qui parait désagréable ? Tout est une question de perception. Tout dépend de la façon dont on voit les choses et de la signification que nous leur attribuons. Attention, il ne s’agit pas d’ignorer les faits ou de se voiler la face, mais d’avoir une perception de ces faits qui nous aide et non qui nous déprime, qui nous pousse à agir dans la bonne direction et non pas qui nous paralyse.

La plupart des croyances peuvent se changer facilement :

  • soit par des techniques de visualisation (car la plupart du temps, les croyances sont des images)
  • soit en persuadant et en encourageant (mais attention : seule la personne peut changer ses propres croyances si elle le décide !)
  • en changeant le cadre de référence.

Voici trois exemples :

  1. faire croire que c’est facile : découpez le problème en petits morceaux pour le rendre facile, ponctuez votre discours par le mot « facile » et supprimez le mot « difficile ». Les apprenants intègrent assez vite que c’est facile et cela leur parait abordable.
  2. se baser sur des expériences vécues par soi même ou par d’autres : ces expériences sont appelées des références. « Si je l’ai fait une fois, je peux recommencer ». « Si untel l’a fait, alors pourquoi pas moi? »
  3. changer une croyance limitante en changeant la perception des choses : montrez l’absurdité de la croyance limitante et remplacez-là par une croyance positive. Tout cela grâce à des questions orientées.

Le but est de mettre les choses dans une perspective qui aide à rebondir, et ne pas nous laisser tromper par une apparence malheureuse ou tragique qui paralyse et conduit à l’échec.

Chapitre 7 : Comment mettre en place les 7 profils d’apprentissage dans une école

Ce qui compte est d’amener une réflexion de l’élève sur lui-même. L’application des 7 profils d’apprentissage se fait sur 4 niveaux :

  1. Niveau 1 : observer le terrain, faire le cours en sachant que chaque élève est différent, prendre du recul et faire son cours sur les 3 modes de profils de compréhension. En cas de problème, essayer de le gérer avec ses connaissances sur les cas individuels. Après avoir tâté le terrain, passer à l’étape 2 et faire découvrir les profils de compréhension aux élèves.
  2. Niveau 2 : les élèves sont assez ouverts pour découvrir leurs profils d’apprentissage. Les 3 objectifs sont : 1/ changer le cadre de référence – 2/ amorcer une réflexion et un débat chez les élèves – 3/ connaître le profil d’apprentissage de la classe entière
  3. Niveau 3 : mêmes objectifs qu’au niveau 2 mais avec une volonté de créer une collaboration entre enseignants et formateurs pour enrichir leurs pédagogies. Attention à une dérive : ne pas mettre les élèves de même profil ensemble ou avec le même prof.
  4. Niveau 4 : utiliser les 7 profils d’apprentissage dans un travail d’accompagnement personnalisé de l’élève.

Chapitre 8 : L’utilisation des 7 profils d’apprentissage en accompagnement personnalisé

Le coaching est un moyen pour un coaché de prendre du recul par rapport aux évènements et à un environnement souvent stressant. Le but du coach est d’amener le coaché à un changement de perception qui aura une influence sur le changement de croyances limitantes.

Le coaching c’est l’art de poser les bonnes questions. Ces questions vont permettre à la personne de mieux cerner son problème et de trouver la meilleure solution. Alors comment poser les bonnes questions ?

  • Eviter de rassurer ou de donner des conseils si on ne vous en demande pas : Les phrases dites lorsqu’on rassure quelqu’un peuvent souvent être facilement contredites. Et les conseils, même judicieux, ne permettent pas à la personne de se dégager de son état négatif.
  • Etre simplement à l’écoute et comprendre : Pendant la phase d’écoute, on peut poser les premières questions qui ont pour seul but de bien comprendre la situation chez la personne que l’on souhaite aider.
  • Briser les généralités pour donner une perception plus juste et plus motivante : Il convient de « détruire » les affirmations générales (« toujours », « jamais », « on », « trop », « pas assez ») pour donner une meilleure vision des choses, plus en phase avec la réalité. Cela se fait grâce à des questions de précision.

Dans 80% des cas, la personne aidée s’aperçoit qu’elle noircit le tableau et que finalement la situation n’est pas si désespérée qu’elle en a l’air. Dans les 20% des cas restants, si effectivement les choses sont vraiment négatives, le fait d’avoir bien éclairé la situation permet de trouver des solutions.

Dans l’art de poser les questions il est important d’être objectif et de bannir toute idée de manipulation.

Chapitre 9 : Apprendre par l’activité

Comment donner le goût d’apprendre à un jeune qui n’aime pas l’école et dont le profil d’apprentissage indique que le système scolaire est peu ou pas adapté à sa façon d’apprendre ? La solution réside dans ce que l’auteur appelle « la magie de l’activité ».

L’élève a l’occasion d’apprendre mais dans un cadre différent de celui de l’école. Son esprit ne sera pas pollué par des souvenirs douloureux d’échecs passés. Et le nouveau système d’apprentissage (qu’est la nouvelle activité) sera plus adapté à sa façon d’apprendre. Cela rejoint l’idée d’apprendre en faisant.

Une activité a le pouvoir de déclencher une motivation à apprendre, à être rigoureux, à se discipliner et avoir le goût de l’effort. Il s’agit d’amorcer une envie, une motivation d’apprendre, où puissent s’exprimer les capacités d’un individu. La pratique d’une activité permet de sortir d’un schéma négatif, parce qu’elle donne une autre perception de l’effort et de l’apprentissage que ne peut pas donner l’école ou tout autre lieu de formation par l’étude.

Pour qu’une activité exerce « sa magie », il est essentiel qu’elle soit plaisante et réclame un minimum d’engagement. La recherche d’une activité qui puisse intéresser voire passionner et qui corresponde à la personnalité de la personne, peut prendre du temps.

Il n’y a pas de profil plus prédestiné qu’un autre, même si les dynamiques et les rebelles ont plus de facilité à mettre de l’énergie pour atteindre un but. L’élément déterminant est la confiance en soi !

La connaissance des 7 profils d’apprentissage ne permet pas seulement de changer la perception d’un élève ou d’un stagiaire en formation. Elle permet à l’enseignant ou au formateur d’avoir une autre perception de son propre travail pédagogique.

Note :  écrit par Anne-Estelle du blog Plaisir d’apprendre.

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Je suis Psychologue et Psycho-pédagogue- Auteur et Conférencière. je partage avec vous ici tous les jeux pédagogiques de l'approche TCC ( TETE COEUR CORPS) qui prend l'enfant et ses apprentissages dans sa globalité et tout ce que le travail auprès des enfants m'ont appris. 🙂