La communication non violente de Rosenberg

La communication non violente : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)


 

Introduction à la communication non violente

La communication non-violente

Phrase résumée de “Les mots sont des fenêtres, Introduction à la communication non violente” :

(…) »Nous ne pouvons changer le monde que si nous changeons nous-mêmes, et cela commence par notre langage et notre façon de communiquer. Je recommande vivement la lecture de ce livre et l’application des principes de la Communication Non-Violente dont il traite. Il s’agit d’un premier pas important vers une nouvelle façon de communiquer et vers la création d’un monde de compassion. »

Arun GANDHI, petit-fils de Mahatma GANDHI, dans la préface du livre.

 

Chronique et résumé de “Les mots sont des fenêtres, Introduction à la communication non violente” :

“Les mots sont des fenêtres” est une introduction à la communication empathique, la communication du cœur. Marshall Rosenberg présente dans ce livre le processus qui nous permet de communiquer plus sereinement avec les autres comme avec nous-mêmes.

Il est divisé en deux grandes parties: S’exprimer avec sincérité et écouter avec empathie.

PARTIE 1 – S’EXPRIMER AVEC SINCÉRITÉ

Chapitre 1: L’élan du cœur: aux sources de la Communication Non-Violente

Selon l’auteur, la communication non-violente (abrégé en CNV), est un moyen de communiquer qui favorise un échange authentique.

Apprendre à diriger son attention

Pour appliquer ce mode de communication, nous devons être plus attentifs aux mots que nous utilisons, ainsi qu’à ce que dit notre interlocuteur. Avec la CNV, nous apprenons à exprimer nos besoins profonds et à entendre ceux des autres.

La démarche de la CNV

La CNV possède 4 composantes:

  • Une observation
  • Un sentiment
  • Un besoin
  • Une demande

Dans un premier temps, j’observe une situation. Ensuite, je prends en compte les sentiments qu’éveillent cette situation. Puis, je regarde quels sont les besoins qui sont liés à ces sentiments. Et enfin, je regarde ce que je pourrais demander concrètement pour satisfaire ces besoins.

Par exemple, la mère d’un adolescent pourrait dire à son fils: « Quand je vois tes affaires traîner dans le salon (observation), cela me met de mauvaise humeur (sentiment) car j’ai besoin de plus d’ordre dans les pièces que nous partageons (besoin). Pourrais-tu les ranger? (demande) »

La CNV au quotidien

Ce mode de communication nous permet de devenir de plus en plus bienveillants, authentiques, et empathiques avec les autres. Elle peut donc être utilisée dans toutes les interactions de la vie quotidienne: en couple, avec ses enfants, au travail… La CNV se révèle être un moyen très efficace pour gérer les conflits, et permet aussi de mieux cerner ses propres besoins.

Chapitre 2: Quand la communication entrave la bienveillance.

L’auteur indique qu’au cours du temps, nous avons 4 types de langages aliénants, qui sont des obstacles à la bienveillance :

  • Les jugements moralisateurs: émettre des jugements moralisateurs sur les gens dont les actes ne correspondent pas à nos valeurs.

Exemple: « il est fainéant », « elle est paresseuse ».

  • Faire des comparaisons est le deuxième obstacle. En effet, se comparer aux autres est une forme de jugement, et peut entraver la bienveillance envers soi-même comme envers les autres.
  • Une troisième entrave à la bienveillance est selon l’auteur de refuser ses responsabilités. Cela empêche l’individu de prendre pleinement conscience qu’il est responsable de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. L’expression « il faut », très souvent utilisée en est un bon exemple.
  • Enfin, communiquer ses désirs sous forme d’exigence est une entrave à la bienveillance. Le destinataire ressentira la menace d’une punition ou d’un reproche s’il ne répond pas favorablement à la demande.

Chapitre 3: Observer sans évaluer

La première composante de la CNV consiste à bien distinguer observation et évaluation. Si nous mélangeons les deux, notre interlocuteur risque d’entendre une critique, et donc de se fermer.

  • Une observation serait  » Jean est arrivé 2 fois en retard cette semaine ».
  • Une évaluation serait « Jean n’est vraiment pas quelqu’un de ponctuel ».

Chapitre 4: Identifier et exprimer les sentiments

Identifier et exprimer ses sentiments correspond à la deuxième étape du processus.

Malheureusement, beaucoup d’entre-nous ont appris à fonctionner avec notre tête plutôt qu’avec notre cœur. Nous devons donc réapprendre le langage du cœur.

Distinguer les sentiments des interprétations mentales

L’auteur insiste sur l’importance de différencier les sentiments des interprétations mentales. On emploie souvent les mots « sentir » et « sentiment », non pas pour exprimer un sentiment mais plutôt une pensée:

  • « J’ai le sentiment d’être un raté » est une interprétation mentale.
  • « Je sens que ça ne sert à rien » est une interprétation mentale.

Tandis que :

« Je me sens triste » exprime un sentiment de même que « je suis impatient de commencer ».

Un vocabulaire des sentiments

Il est parfois nécessaire de développer un vocabulaire des sentiments afin de pouvoir exprimer ses sentiments et émotions clairement. Cela permettra ainsi d’établir plus facilement un lien sincère avec les autres.

Chapitre 5: Assumer la responsabilité de ses sentiments

Assumer la responsabilité de ses sentiments et découvrir les besoins qui en sont à l’origine est la 3e étape de la Communication Non-violente.

Face à un message négatif, l’auteur identifie 4 façons de réagir:

  • se sentir fautif
  • rejeter la faute sur l’autre
  • percevoir nos sentiments et besoins
  • chercher à percevoir les sentiments et besoins de l’autre

Voyons par un exemple les différents cas de figure et leurs conséquences :

Marie, à son mari Douglas « Tu as oublié d’aller m’acheter du beurre!! Je te l’avais pourtant demandé hier soir! »

Voici les 4 façons dont Jean pourrait répondre:

– « oui tu as raison, je suis vraiment tête en l’air »

Il se sent fautif. Les sentiments associés seront de la dévalorisation, culpabilité et déprime.

– « Tu n’avais qu’à me le rappeler ce matin ou m’envoyer un message pour m’y faire penser!! ». Il rejette la faute sur sa femme. Cela augmente le sentiment de colère.

– « Quand tu t’exprimes de cette façon, je ne me sens pas respecté, parce que j’ai besoin que tu acceptes que je puisse oublier. » Ici, il prend conscience de son sentiment et exprime le besoin associé.

– « Te sens-tu en colère parce que tu as l’impression que je ne t’ai pas écouté et que tu as besoin de considération ? » Jean prend en compte le sentiment de sa femme et tente d’exprimer le besoin associé.

Les 2 dernières façons sont les bonnes façons d’utiliser la Communication Non-Violente et permettront un échange sincère fondé sur une compréhension mutuelle. Exprimer ses besoins et sentiments de la sorte n’est pas facile, surtout dans notre société actuelle, où être pudique est de rigueur. Seulement c’est la façon la plus efficace pour communiquer sereinement, dans un échange vrai et respectueux de l’autre.

Chapitre 6: Demander ce qui contribuerait à notre bien-être

Formuler une demande est la 4ème et dernière étape du processus. L’auteur nous recommande de respecter quelques critères :

Utiliser un langage positif

Tout d’abord, il conseille d’utiliser un langage d’action positif, car un message négatif oblige notre interlocuteur à deviner ce que l’on veut vraiment.

Effectuer une demande claire

Pour que la demande soit claire, il faut en formuler une de façon sincère, concise et précise. Plus nous effectuons une demande précise, plus nous avons de chances de l’obtenir.

Faire reformuler la demande

Afin d’éviter les incompréhensions, nous devons parfois nous assurer que la demande a bien été comprise (en faisant reformuler par exemple).

Demande et exigence

Enfin, il est très important que l’interlocuteur ne ressente pas la demande comme une exigence. Pour qu’une demande soit une demande et non une exigence, votre interlocuteur doit pouvoir répondre négativement sans craindre des reproches.

PARTIE 2 – L’ÉCOUTE EMPATHIQUE

L’empathie est une façon de comprendre avec respect ce que les autres vivent.

Chapitre 7: Recevoir avec empathie

L’auteur nous dit que pour écouter avec empathie, nous ne devons pas écouter avec notre tête, mais avec tout notre être. Nous devons « nous oublier » pour écouter l’autre. Or nous avons tendance à donner des conseils, à réconforter ou à donner notre avis, alors que la personne désire simplement être entendue.

Écouter les sentiments et les besoins

En Communication Non-Violente, recevoir avec empathie consiste à écouter simplement l’autre: son observation, ses sentiments, ses besoins et enfin sa demande.

Paraphraser

Nous pouvons paraphraser ses paroles pour lui dire ce que nous avons compris. Notre interlocuteur pourra ainsi confirmer, ou rectifier le message si ce n’est pas entièrement compris. L’auteur insiste sur l’importance du ton utilisé: notre interlocuteur doit sentir que nous cherchons uniquement à le comprendre, et non que nous affirmons avoir compris.

Maintenir l’empathie

L’objectif est de maintenir l’empathie jusqu’à ce que l’on ait pleinement entendu ce que l’autre avait à dire. Nous devons aller au bout de l’écoute, et continuer à reformuler jusqu’à ce que la personne en face se sente complètement entendue. C’est seulement après une compréhension complète que nous chercherons à donner un conseil, un avis ou chercher des solutions si besoin.

La douleur, obstacle à l’empathie

« Nous ne pouvons donner à quelqu’un ce dont nous manquons nous-mêmes ».

Avant de pouvoir donner de l’empathie aux autres, nous devons s’en être au préalable donné à soi-même. Nous pouvons (et devons) donner à nous-mêmes cette même qualité d’écoute et ainsi mieux cerner nos propres besoins avant de s’occuper de ceux des autres.

Chapitre 8: Le pouvoir de l’empathie

Développer notre capacité à être empathique nous donne accès à de nouvelles ressources. Selon l’auteur, utiliser l’empathie nous permet de demeurer à la fois sincère et vulnérable, ce qui crée un véritable lien avec son interlocuteur. Cela permet parfois de guérir des souffrances en abattant certaines barrières psychologiques. L’empathie peut à elle seule désamorcer un danger, et un risque de violence. Elle nous permet d’accepter un refus sans y voir un rejet, de redonner vie à une conversation et même parfois de comprendre ce qui n’est pas dit par des mots.

Chapitre 9: Relions-nous à nous-mêmes avec bienveillance

C’est sûrement dans notre relation avec nous-mêmes que la CNV joue son rôle le plus important. Il est difficile d’être bienveillant avec les autres si l’on est violent et moralisateur envers soi-même.

Le deuil en CNV

Quand on se surprend en train de se faire des reproches, l’auteur nous conseille de nous arrêter et de nous demander: « Quel est le besoin insatisfait qui s’exprime au travers de ce jugement moral? » cela correspond au deuil en CNV: on se relie aux besoins insatisfaits et aux sentiments associés. On évalue de quelle façon le comportement que l’on regrette est allé à l’encontre de notre besoin, et on accueille le sentiment qui émerge de cette prise de conscience.

Nous pardonner

Suite à ce deuil, nous nous pardonnons en donnant de l’empathie à la partie de soi qui a agi dans le passé. Pour se pardonner, on repère le besoin qui a conduit à notre comportement dans le passé, et on crée ce lien empathique, sans jugement.

Ne faisons rien si ce n’est par jeu !

Dans cette partie du livre, l’auteur insiste pour que nos actions soient animées par un désir de vie plutôt que par la peur, la honte ou l’obligation. Il donne pour exemple toutes les phrases que nous commençons par « je dois », « il faut ».

Traduire « je dois » en « je choisis »

Une solution qu’il nous propose est de traduire les « je dois » en « je choisis ». De cette façon, nous devenons entièrement responsables de nos actes. Il va encore plus loin et nous propose de reprendre tout ce que « l’on doit faire », tout ce que l’on s’oblige à faire sans joie et d’en faire des phrases avec la formule:

« Je choisis de…. parce que je veux…. »

De cette manière, nous nous rendons compte de ce qui motive nos actions. Nous devenons de plus en plus en phase avec nos besoins, nous permettant ainsi de mieux cerner nos valeurs et d’être plus intègre envers nous-mêmes.

Chapitre 10: Exprimer pleinement la colère

En entendant parler de Communication « Non Violente », on aurait tendance à croire que la colère n’a pas sa place dans ce processus. Cela est inexact. L’auteur nous encourage à exprimer pleinement notre colère.

Ne pas confondre la cause et le facteur déclenchant

La première étape pour exprimer pleinement sa colère est d’en prendre l’entière responsabilité. L’autre peut être un facteur déclencheur mais n’est en aucun cas responsable de nos émotions. Nous devons porter notre entière attention sur nos sentiments et nos besoins. L’auteur souligne que nous avons beaucoup plus de chances d’obtenir ce que nous voulons en exprimant nos besoins qu’en jugeant, critiquant ou punissant l’autre.

Exprimer la colère en 4 temps

L’auteur compte 4 temps nécessaires à l’expression saine de la colère:

  • Faire une pause, et respirer profondément
  • Identifier les jugements qui nous viennent à l’esprit
  • Prendre conscience de nos besoins
  • Exprimer nos sentiments et nos besoins inassouvis

Prendre son temps

Pour apprendre et appliquer correctement le processus de la CNV, l’essentiel est de prendre son temps. Nous devons rompre avec nos conditionnements. Juger et critiquer est vraiment ancré dans nos habitudes. Selon l’auteur, l’apprentissage de ce processus est long, de même que sa mise en application.

Chapitre 11: L’usage de la force dans un but de protection

Lorsque le recours à la force est inévitable

Très rarement, il est néanmoins impossible de communiquer, dans le cas d’un danger imminent par exemple. L’usage de la force sera peut-être inévitable et devra être utilisé dans un souci de protection.

L’usage répressif de la force et la punition

Selon l’auteur, l’usage répressif de la force et de la punition n’est pas efficace. L’usage de la force génère de la résistance au comportement que l’on cherche à susciter. Quant à la punition, elle diminue la sincérité des rapports et fait se diriger l’attention vers ce qui arrivera si l’on agit mal, et non sur l’acte en soi. Par exemple, un employé qui aura peur des sanctions fera son travail, mais sans aucune envie ni aucun enthousiasme. Sur le long terme, il sera moins productif et les relations avec son employeur ne seront pas saines…

Chapitre 12: Se libérer et accompagner les autres

S’affranchir des anciens conditionnements

La CNV favorise une nouvelle relation à nous-mêmes. Nous devons néanmoins commencer par nous affranchir des anciens conditionnements. De nos jours, montrer sa sensibilité est considéré comme un signe de faiblesse, et exprimer ses besoins comme de l’égoïsme. Nous pouvons mettre un terme à ce conditionnement culturel, et exprimer nos besoins et sentiments de façon plus systématique.

Résoudre les conflits intérieurs

Utiliser le processus de CNV envers soi-même permet de mieux identifier et prendre en compte ses propres besoins et sentiments. Cela aura parfois pour effet de résoudre les conflits intérieurs, éviter les dépressions. Utiliser l’empathie envers soi-même nous permettra de mener une existence plus sereine.

Chapitre 13: Exprimer sa reconnaissance

Selon l’auteur, les compliments prennent souvent la forme de jugements, même s’ils sont positifs. Ils sont parfois même utilisés pour influencer le comportement d’autrui.

En CNV, le processus de remerciement se divise en 3 étapes:

  • Citer l’action qui a contribué à notre bien-être
  • Le besoin qui a été satisfait
  • Le sentiment positif né de cette satisfaction

Note: Cette chronique est  écrite par Sébastien, du blog Vers une Vie Sereine

Share Button
The following two tabs change content below.
Je suis Psychologue et Psycho-pédagogue- Auteur et Conférencière. je partage avec vous ici tous les jeux pédagogiques de l'approche TCC ( TETE COEUR CORPS) qui prend l'enfant et ses apprentissages dans sa globalité et tout ce que le travail auprès des enfants m'ont appris. 🙂